« Ça coûte combien, un site ? » C'est la question qu'on nous pose en premier, et celle à laquelle il est le plus difficile de répondre en une phrase. Non pas par manque de transparence, mais parce que la réponse dépend entièrement de ce qu'il y a derrière le mot « site ». Voici comment décomposer le budget pour comparer ce qui est comparable.
Pourquoi les devis varient autant
Deux devis pour « un site vitrine de cinq pages » peuvent afficher un rapport de un à dix. Ce n'est pas forcément que l'un est honnête et l'autre pas : c'est que les deux ne vendent pas la même chose.
Un site à très bas prix repose généralement sur un thème acheté, du contenu fourni par le client, aucune optimisation et aucun suivi. Un site plus cher inclut du cadrage, du design sur mesure, de la rédaction, des optimisations de performance et de référencement, des tests et un accompagnement après la mise en ligne. Les deux ont leur usage - encore faut-il savoir lequel on achète.
La bonne question n'est pas « combien ça coûte », mais « qu'est-ce que ce prix inclut, et qu'est-ce qu'il faudra payer en plus dans six mois ».
Les postes qui composent un budget
Quel que soit le prestataire, un projet web se décompose toujours en grandes briques. Demandez systématiquement leur détail :
Le cadrage et la stratégie
Définition des objectifs, de l'arborescence, des parcours. C'est le poste qu'on supprime en premier quand le budget est serré, et c'est presque toujours une erreur : un site mal cadré se refait entièrement au bout de deux ans.
Le design
Maquettes des gabarits principaux, déclinaison mobile, système de composants. Un design sur mesure coûte plus cher qu'un thème, mais il est le seul moyen de ne pas ressembler à mille autres sites.
Le contenu
Rédaction des textes, photos, vidéos, traductions. C'est le poste le plus souvent sous-estimé, et la première cause de retard sur un projet web. Si vous fournissez les contenus, prévoyez le temps réel que cela vous prendra.
Le développement
Intégration, responsive, formulaires, connexion à un système de gestion de contenu, fonctionnalités spécifiques. Le prix monte avec le nombre de gabarits différents et la complexité fonctionnelle, pas avec le nombre de pages.
Le référencement technique
Structure des titres, balises, données structurées, performance, sitemap. Intégré dès le départ, c'est peu coûteux ; rattrapé après coup, c'est un chantier.
Les tests et la mise en ligne
Vérification sur différents appareils et navigateurs, configuration du nom de domaine, de l'hébergement, du certificat de sécurité, des outils de mesure.
Les coûts récurrents qu'on oublie
Un site n'est pas un achat unique. Ces frais reviennent chaque année et doivent figurer dans votre calcul dès le départ :
- Le nom de domaine - quelques dizaines de milliers de francs par an selon l'extension.
- L'hébergement - très variable selon le type de site ; un site statique coûte une fraction d'un site dynamique.
- La maintenance - mises à jour de sécurité, sauvegardes, corrections. Indispensable dès que le site repose sur un CMS.
- Les évolutions - nouvelles pages, nouvelles offres, mises à jour de contenu.
- Les licences éventuelles : extensions, polices, photos sous licence.
Question à poser à tout prestataire
« Si je veux ajouter une page ou modifier un texte dans six mois, est-ce que je peux le faire moi-même, et sinon, combien ça coûte ? » La réponse vous en dira long sur ce que vous achetez vraiment.
Comment arbitrer avec un budget limité
Si vous devez couper, coupez dans le périmètre, jamais dans la qualité d'exécution. Un site de trois pages bien faites vaut infiniment mieux qu'un site de vingt pages bâclées.
- Commencez par les pages qui servent vraiment : accueil, offre, preuves, contact.
- Investissez dans le contenu de ces pages plutôt que dans des fonctionnalités.
- Choisissez une solution technique simple à faire évoluer, pour ne pas repayer un site entier dans un an.
- Gardez une réserve pour les trois mois suivant la mise en ligne : c'est là que vous saurez ce qui manque réellement.
Les signaux d'alerte sur un devis
Quelques éléments doivent vous faire poser des questions supplémentaires :
- Un devis d'une seule ligne, sans décomposition des postes.
- Aucune mention de qui est propriétaire du nom de domaine et du code à la fin du projet. Cela doit être vous.
- Aucun délai ni jalon, ou des délais irréalistes du type « site complet en trois jours ».
- Une garantie de « première place sur Google », qui n'existe pas et ne peut pas exister.
- Aucune limite au nombre d'allers-retours de validation - cela paraît généreux, c'est en réalité le meilleur moyen de faire durer un projet indéfiniment.
Pour obtenir une estimation adaptée à votre situation plutôt qu'une fourchette générique, notre simulateur de devis décompose les postes question par question.